Pourquoi mes couleurs deviennent toujours bouetteuses?

#concentration #couleur #peinture #pigment #réflexion artiste Jan 11, 2026
Couleurs bouetteuses

Pourquoi les couleurs deviennent bouetteuses quand on mélange

Devenir artiste demande une grande capacité d’observation.
C’est ce qu’on entend partout.

Et aujourd’hui, je peux te dire une chose, sans hésiter :
c’est faux.

J’en suis la preuve vivante.

J’ai longtemps cru que je n’étais pas « faite » pour ça.
Pas du genre à remarquer tous les détails, à mémoriser chaque nuance, chaque subtilité.
Résultat : syndrome de l’imposteur bien installé.

Avec les années, j’ai compris quelque chose d’essentiel sur moi.
Je n’ai pas une mémoire de détails…
j’ai une mémoire sélective.

Et oui, je le dis haut et fort — je sais que messieurs, et surtout mon mari, vont être contents de m’entendre le dire… hi hi.

Ma mémoire, elle est faite de moments.
D’émotions.
De ressentis.
De souvenirs vécus dans le moment présent.

Et c’est seulement après… que j’observe.

Concernant la couleur, j’ai dû apprendre à observer.
Pas parce que j’étais naturellement douée, mais parce que j’ai rapidement compris que l’observation faisait partie de la solution dans 90 % des cas.

Quand j’ai commencé à peindre, on ne m’expliquait pas comment penser la couleur.
On me disait quoi prendre.
Quoi utiliser.
Quoi mélanger.

Fais ceci.
Ajoute cela.
Mélange comme ça.

Mais jamais le pourquoi.

Et moi, j’ai toujours voulu comprendre.

C’est exactement là que ma passion pour la couleur est née.
Pas parce que je voulais être meilleure que les autres,
mais parce que je voulais être libre.

Dès que j’ai commencé à comprendre la couleur, j’ai enchaîné les succès.
D’une toile à l’autre, mes blocages tombaient.
Un apprentissage à la fois.
Une prise de conscience à la fois.

Après plusieurs années d’enseignement, j’ai remarqué un pattern très clair.
La majorité des artistes sont pressées.

Pressées d’avoir un résultat.
Pressées de peindre.
Pressées de finir.

Elles pensent au tableau final avant même d’être dans le moment présent.

Elles entendent des conseils, des trucs, des astuces…
mais ne les écoutent pas pour comprendre.

Et c’est là que tout se joue.

Parce qu’écouter sans écouter,
regarder sans regarder,
c’est exactement ce que la majorité des gens font dans une conversation.

On pense déjà à ce qu’on va répondre,
au lieu d’être pleinement là.

Et en peinture, ça se traduit comment?

Par des couleurs bouetteuses.
Encore et encore.

Je te donne un exemple très concret, vécu mille fois.

En cours en présentiel, une artiste me demande :
« Céline, comment tu fais ce beau vert doré? »

Je lui réponds calmement :
« Prends du jaune, et glisse une mini goutte de bleu. »

Avant même que j’aie terminé ma phrase, elle s’exécute.
Les épaules tendues.
Un peu exaspérée.

« Ha non… c’est exactement ce que je fais depuis 30 minutes, et j’ai toujours le même résultat. »

Je lui dis :
« Attends. Regarde. »

Je prends la spatule.
Je refais le mélange devant elle, lentement, en décrivant exactement ce que je fais.

Elle recommence.
Même erreur.

Je ralentis encore.
Je nomme chaque geste.
J’explique le pourquoi.
L’impact du type de pigment.
Le moment précis où déposer la couleur dans l’autre.
La quantité.
La pression.

Et là…
tout s’éclaire.

À ce moment-là, je le sais.
Je sais qu’elle écoute vraiment.
Je sais que pour ce vert-là, il y a 95 % de chances qu’elle s’en souvienne pour toujours.

Parce qu’elle n’a pas seulement reproduit un mélange.
Elle l’a compris.

Et c’est souvent là que l’artiste réalise quelque chose d’important.

Ce ne sont pas seulement ses verts qui deviennent bouetteux.
Ce sont toutes ses couleurs qui finissent par perdre leur clarté.

Parce que la couleur n’est pas une suite de recettes.
C’est un système vivant.
Une relation entre les pigments.
Une hiérarchie.
Un équilibre.

Quand on ne comprend pas comment une couleur réagit à une autre,
on mélange trop.
On corrige trop.
On éteint ce qu’on voulait illuminer.

Et plus on force…
plus la couleur se salit.

La plupart des artistes n’ont jamais appris à penser la couleur.
On leur a montré quoi faire,
mais rarement comment comprendre ce qui se passe sur leur palette.

Alors elles doutent.
Elles se disent qu’elles manquent d’œil.
Qu’elles ne sont pas faites pour ça.

Alors que bien souvent,
elles n’ont simplement jamais reçu les bonnes clés.

Quand la couleur est enfin comprise,
quand elle cesse d’être un hasard ou une recette,
il se passe un soulagement immense.

La pression tombe.

Peindre ne devient plus une lutte constante.
On ne recommence plus dix fois la même zone.
On n’efface plus ce qu’on vient de faire par peur de se tromper.

Les gestes deviennent plus sûrs.
Les décisions plus rapides.
Les mélanges plus intentionnels.

L’artiste avance avec confiance, parce qu’elle sait où elle s’en va.

Elle n’a plus besoin de se demander si ça va fonctionner.
Elle le sent.
Elle le comprend.
Elle le voit avant même de le déposer sur la toile.

Peindre devient plus fluide.
Les toiles avancent plus vite.
Non pas parce qu’on se presse…
mais parce qu’on ne perd plus de temps à corriger ce qui n’aurait jamais dû l’être.

Tu imagines une couleur précise?
Tu sais comment l’atteindre.

Tu veux une lumière douce, vibrante, dramatique ou feutrée?
Tu sais quelles couleurs vont la soutenir.

Et surtout…
tes tableaux commencent à ressembler exactement à ce que tu avais en tête.

Cette sensation-là est immense.

Regarder une toile terminée et se dire :
« C’est exactement ce que je voulais faire. »

Avec cette compréhension vient une grande fierté.
La fierté de ne plus dépendre d’un modèle.
De ne plus copier sans comprendre.
De savoir que peu importe le sujet, peu importe l’idée,
tu as les outils pour la réaliser.

La couleur cesse d’être une source de doute.
Elle devient un terrain de jeu.

Et quand la couleur est comprise,
tout le reste s’aligne.

La composition.
La lumière.
L’émotion.

Parce que la couleur, quand elle est maîtrisée,
ne sert plus seulement à remplir une surface.
Elle sert à dire quelque chose.

Et c’est là que l’artiste cesse de simplement peindre…
pour commencer à créer avec intention.

Cette liberté ne vient pas d’un talent inné.
Elle vient de la compréhension.

Et cette compréhension-là,
une fois intégrée,
ne s’efface plus jamais.

Si tu sens que la couleur te ralentit encore,
si tu veux arrêter de tâtonner et comprendre enfin ce que tu fais sur ta palette,
alors approfondir la couleur devient une évidence.

C’est exactement ce que j’enseigne pas à pas dans mon approche sur la couleur :
pour que tu puisses peindre avec clarté, confiance… et plaisir.

Si tu te reconnais dans ces couleurs qui deviennent toujours bouetteuses, ce n’est pas un manque de talent… c’est un manque de repères clairs.
Maître de la couleur est née exactement pour ça.


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Céline Roger_ Artiste peintre 🎨

Enseignante en Beaux-arts

 

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